Blogpsycho
Parce que la psychologie est une science qui évolue, la connaissance se partage.
Un blog pour tisser du lien, semer des pistes, ouvrir des portes.
Ce blog est né de mon envie de transmettre, d’informer, mais aussi de créer du lien avec vous. J’y partage des réflexions, des outils, des éclairages autour de la santé en général et plus particulièrement la santé mentale, du stress, de la résilience et de la psychologie au sens large. Mon souhait est que vous puissiez y puiser des repères, des idées, ou simplement un peu d’humanité en chemin. Vous y êtes les bienvenu.e.s.
Une approche intégrative qui relie science, santé et humanité.
Mon parcours d’infirmière puis de psychologue me permet de croiser les regards somatiques, émotionnels et cognitifs. Je m’appuie sur des approches validées scientifiquement – TCC, ACT, ICV, thérapie des schémas, théorie polyvagale – tout en intégrant les apports de la psychologie positive. Ma pratique est sur mesure, profondément individualisée, et toujours respectueuse de votre rythme et de votre singularité.

Prendre soin de votre monde intérieur, c’est déjà un acte de transformation.
Ma pratique s’ancre dans la conviction que chacun porte en soi des ressources précieuses, parfois endormies. Les troubles anxieux, les vécus traumatiques ou les périodes de flou ne sont pas des faiblesses : ils sont souvent les signes d’un corps et d’un esprit en quête d’un nouvel équilibre. Ensemble, nous pourrons remettre de la clarté là où règne peut-être aujourd’hui une forme de chaos.
Se reconstruire, se réinventer, se reconnecter.
Je suis passionnée par l’accompagnement humain. Vous aider à retrouver une sécurité intérieure, à transformer les schémas douloureux, à renouer avec votre énergie vitale fait partie de ce qui me porte au quotidien. Mon approche prend en compte toutes les dimensions de votre être : mentale, émotionnelle, corporelle, relationnelle… Rien n’est figé, tout peut évoluer, à votre manière.
Un cerveau ancien dans un monde moderne
Comment comprendre ce décalage ?
Outil de départ
Sur le plan biologique, nous avons hérité de circuits neuronaux pour les émotions qui ont parfaitement fonctionné pendant 50 000 générations, mais plus du tout au cours des 500 dernières.
Trop vite !
Il a fallu aux forces lentes de l’évolution des millions d’années pour façonner notre vie affective. Les 10 000 dernières années, durant lesquelles la civilisation est apparue et où la population humaine est passée d’environ 5 millions à plus de 8 milliards en 2025, n’ont guère laissé de traces dans le substrat biologique qui régit notre vie affective.

Homo sapiens pense aujourd'hui
Pour le meilleur ou pour le pire, notre façon de percevoir les rencontres que nous faisons et d’y réagir n’est pas seulement déterminée par le jugement rationnel ou notre passé individuel, mais aussi par notre passé ancestral.
foutu décalage
Nous faisons souvent face aux dilemmes de la société postmoderne avec une panoplie psychologique datant du Pléistocène.
Les émotions
👉 “Et si nos émotions n’étaient pas ce qui nous tombe dessus, mais ce que notre cerveau construit ?”
C’est ce que rappelle la chercheuse Lisa Feldman Barrett dans son TED Talk :
les émotions ne sont pas universelles, elles ne sont pas câblées dans des circuits fixes du cerveau,
elles sont le fruit de nos sensations corporelles, de notre vécu et du contexte.
Cette vision m’interpelle beaucoup, car elle rejoint certains aspects de ma pratique clinique… tout en la questionnant.
Dans mon accompagnement :
j’utilise la roue des émotions pour aider mes patients à enrichir leur vocabulaire émotionnel et mieux réguler ce qu’ils ressentent,
j’explique comment certaines émotions s’ancrent dans des traces mnésiques liées au trauma et comment notre cerveau trouve, parfois maladroitement, des stratégies d’adaptation,
je m’appuie sur la théorie polyvagale, l’ICV, les TCC et la psychologie positive pour relier corps, mémoire et émotions,
je valorise la force intérieure, la résilience et la capacité de se réinventer.
Là où Barrett nuance (et m’inspire à évoluer), c’est sur l’idée qu’il n’existe pas de “circuit unique des émotions” (par ex. l’amygdale ne serait pas seulement le centre de la peur, mais une structure impliquée dans de multiples processus).
Elle traite la saillance → c’est-à-dire ce qui est important, pertinent ou surprenant dans l’environnement.
Elle joue un rôle clé dans l’apprentissage associatif (ce qui est “sûr” ou “dangereux”). (TPV) Neuroception.
Elle contribue à la familiarité / nouveauté : l’amygdale s’active souvent plus devant des stimuli nouveaux ou incertains que devant des stimuli familiers. Mais elle peut aussi coder la valeur émotionnelle (agréable/désagréable).
Elle est impliquée dans la mémoire émotionnelle → renforcer certains souvenirs quand il y a un enjeu affectif.
C’est un rappel fort : la science avance, et il est essentiel de réactualiser nos savoirs.
Ce qui me passionne, c’est justement d’être ce pont entre les recherches de pointe et les besoins concrets de mes patients.
Parce que si nos émotions se construisent, alors nous pouvons apprendre à les transformer.
Et le comment, concrètement ?
Dans ma pratique, je propose aux patients de :
Développer un langage émotionnel plus nuancé grâce à la roue des émotions,
Utiliser en TCC le journal des émotions, pour identifier les déclencheurs, les pensées et les comportements associés,
explorer les traces mnésiques liées au trauma afin de comprendre pourquoi certaines émotions ressurgissent avec force,
Travailler l’interoception avec la théorie polyvagale, notamment à travers la neuroception et la respiration ventrale, pour décoder les signaux du corps et retrouver plus de sécurité intérieure,
Intégrer l’ACT (Thérapie d’Acceptation et d’Engagement) comme fil conducteur, en reliant besoins et valeurs pour réguler et orienter les actions vers ce qui compte vraiment,
Recourir à l’ICV et à la psychologie positive pour transformer les prédictions du cerveau en stratégies plus souples et constructives,
Cultiver la force intérieure et la résilience, afin que chacun puisse traverser les épreuves et se réinventer.
Être aux côtés de mes patients dans cette exploration, c’est ma façon de transformer la science en un soutien vivant et concret.
https://www.youtube.com/watch?v=0gks6ceq4eQ

🧠 Fatigue mentale : quand le cerveau dit stop
Bonne lecture
Il nous arrive à tous de sentir que notre cerveau “rame” : concentration en berne, décisions impulsives, irritabilité… Ce n’est pas juste de la flemme : c’est ce qu’on appelle la fatigue mentale. Les chercheurs commencent à mieux comprendre ce qui se passe dans notre cerveau quand on pousse trop loin la machine.
🔍 Qu’est-ce que la fatigue mentale ?
La fatigue mentale apparaît après des tâches qui demandent beaucoup d’attention ou de concentration.
Elle se traduit par :
une impression de saturation,
des difficultés à réfléchir ou planifier,
une perte de patience,
le besoin de relâcher la pression.
💡 Ce n’est pas une “fausse fatigue” : c’est une réponse biologique du cerveau.
🧪 Ce que les neurosciences révèlent
Une étude menée par l’Institut du Cerveau a mis en lumière un phénomène clé :
👉 Quand on enchaîne des efforts intellectuels intenses, du glutamate (un neurotransmetteur) s’accumule dans le cortex préfrontal latéral.
Or, ce “trop-plein” freine le bon fonctionnement des neurones. Résultat :
on devient moins efficace,
on choisit plus souvent la solution “facile” ou immédiate,
le contrôle mental s’affaiblit. C’est un peu comme un moteur qui chauffe : au lieu d’avancer plus vite, il se grippe.
⚠️ Pourquoi c’est important ?
Cela explique pourquoi le cerveau n’est pas fait pour fonctionner à fond sans pause.
Cela aide à mieux comprendre des états d’épuisement comme le burn-out.
Cela pourrait ouvrir la voie à des solutions pour protéger notre cerveau et favoriser sa récupération.
🌱 Comment limiter la fatigue mentale ?
Quelques habitudes simples peuvent soulager ton cerveau :
🕒 Faire des pauses régulières, même courtes.
🎭 Alterner les tâches exigeantes avec des activités plus simples.
😴 Soigner son sommeil, indispensable à la récupération cérébrale.
🚶♀️ Bouger, respirer, s’aérer l’esprit.
🔇 Réduire les distractions multiples.
👂 Écouter ses signaux internes : irritabilité, lenteur ou impulsivité sont des feux orange.
Nous sommes tous potentiellement traumatisés (oui je sais cela peut paraitre excessif et pourtant !!!)
Quelle est la différence entre Stress et Traumatisme ?
Il est crucial de ne pas confondre ces deux états, bien qu'ils soient liés.
• Le stress : C'est une réaction physiologique réflexe et ubiquitaire qui apparaît face à n'importe quel facteur de contrainte (psychique, somatique ou social). Il est généralement proportionnel à l'intensité de l'agression et s'arrête lorsque le facteur de stress disparaît.
• Le traumatisme psychique : Il est spécifique à un événement singulier et traduit une rupture brutale. Contrairement au stress, il persiste à distance de l'événement. Il se caractérise par une "faillite du langage" et un effroi qui submerge les capacités de défense du sujet.
Pour aller plus loin........
ACEs et Événements Adverses : Le point de départ
Les ACEs (Adverse Childhood Experiences ou expériences négatives de l’enfance) sont des événements potentiellement traumatisants survenant avant l'âge de 18 ans.
• Ils incluent des événements adverses directs (abus physiques, sexuels, émotionnels) ou environnementaux (négligence, violences domestiques, addiction ou maladie mentale dans le foyer).
• Ces expériences créent un climat d'insécurité permanent où l'enfant, n'ayant aucune possibilité de contrôle, voit son développement neurobiologique perturbé par un "stress toxique".
Le TSPT et Traumatisme Chronique : La réponse clinique
L'exposition à ces événements peut mener à deux formes de troubles :
• Le TSPT (Trouble de Stress Post-Traumatique) : Il est défini par quatre symptômes cardinaux : les reviviscences (souvenirs intrusifs), l'évitement, l'hypervigilance et la dissociation.
• Le Traumatisme Chronique (ou TSPT Complexe) : Il résulte d'une victimisation prolongée et répétitive (comme les maltraitances durant l'enfance). En plus des symptômes du TSPT classique, il intègre des Perturbations de l'Organisation du Soi (POS) : dérégulation des affects, concept de soi négatif (honte, culpabilité) et difficultés relationnelles chroniques.
Quelles conséquences ?
L’Épigénétique : L'empreinte biologique
L'épigénétique explique comment ces traumatismes "s'inscrivent" dans le corps sans modifier l'ADN lui-même.
• Le stress chronique lié aux ACEs provoque une méthylation de l'ADN, créant de véritables "cicatrices épigénétiques" sur des gènes clés comme le NR3C1 (récepteur au cortisol).
• Cette signature moléculaire modifie durablement la réponse de l'organisme au stress, rendant l'individu physiologiquement hypersensible et vulnérable aux maladies physiques (cardiovasculaires, métaboliques) et psychiatriques à l'âge adulte.
Il y a t'il des solutions ?
La Psychothérapie : Le levier de réparation
La génétique du trauma n'est pas une fatalité car ces marques sont plastiques et réversibles.
• La psychothérapie (notamment d'exposition, les TCC ou EMDR) agit comme une régulation environnementale favorable.
• Des études (comme celles de Rachel Yehuda) ont démontré que la thérapie peut "rectifier" les cicatrices épigénétiques, permettant une véritable réparation de la signature génétique du trauma parallèlement à la guérison psychique.
Source : Manuel des troubles psychotraumatisme.